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L'arbre des possibles
Le principe de l'entraînement consiste évidemment à renforcer sa constitution de façon à améliorer ses performances en course.
Dans une nouvelle intitulée L'arbre des possibles, le romancier Bernard Werber imagine la situation suivante : une communauté de scientifique se réunit dans un lieu isolé de la planète dans le but de rassembler toutes leurs connaissances au coeur d"un immense ordinateur.
Ils mettent ainsi le monde en équation afin de pouvoir mesurer les conséquences de chacun de nos actes fondamentaux. Sur les feuilles de cet arbre virtuel, ils déposent alors un certain nombre d'hypothèses comme par exemple "si une guerre mondiale éclatait" ou beaucoup plus grave "si la mode des mini jupes revenait". Ensuite, ils observent comment l'arbre se réorganise, réservant un avenir chaque fois différent à notre espèce.
Une telle entreprise paraît évidemment très audacieuse puisqu'ils s'agit, répétons-le, de collecter toutes les connaissances humaines. Mais à une échelle plus modeste, des prédictions de ce type paraissent tout à fait envisageable comme, par exemple, la mise en équation des facteurs de performances en course à pied. Pour bâtir ce logiciel, nous nous sommes servis du modèle de l'énergétique humaine proposé par François Péronnet et Guy Thibault. Et nous l'avons soumis aux règles du petit jeu imaginé par Bernard Werber.
Comment tirer des plans sur la comète?
Pour commencer, imaginons la situation d'un honnête gars prénommé Marcel qui réalise les temps suivants sur 1500 mètres (5 minutes), 5 kilomètres (19 minutes), le 10 kilomètres (42 minutes), le semi marathon (3 heures 45). Les aptitudes énergétiques qui correspondent ) ses performances sont vraisemblablement celles-ci : une VO² max de 60 ml/min/kg, une capacité anaérobie de 42 ml d'O²/kg et une endurance de -2,2 W/kg/s.
Ces trois aptitudes énergétiques déterminent la performance sportive en particulier dans la locomotion humaine. Voyons à présent comment elles exercent leur influence respective. "Si j'améliorais ma VO² max de 20%", se demande Marcel. "Quelles seraient les répercussions sur mes chronos?". Grâce à notre nouveau logiciel, la réponse s'affiche en un clic de souris! Avec 20% de VO² max en plus, soit 72 ml/min/kg plutôt que 60, Marcel gagnerait environ 37 secondes sur le 1500 mètres, soit une amélioration de 12% par rapport à son précédent chrono.
Est-ce que vous suivez? Dans ce cas, vous aurez remarqué que le gain de performance est inférieur à l'augmentation de VO² max : 20% contre 12%. C'est logique! On sait que la capacité anaérobie intervient de façon importante dans le 1500 mètres. Or nous n'avons pas modifié ce facteur. L'athlète reste donc limité dans les épreuves courtes. En revanche, on observe que les progrès deviennent de plus en plus manifestes à mesure que l'on s'inscrit dans un répertoire d'effort presque exclusivement aérobie. Sur 5 kilomètres, le bénéfice croît à 15% avec un gain de temps de 6 minutes 11 secondes. Sur semi marathon, le bonus maximal est atteint : 17% soit 16 minutes 37 secondes.
Et sur marathon, le logiciel prédit une arrivée avec 34 minutes et 20 secondes d'avance, juste le temps pour Marcel de prendre une douche et de manger un bon saucisson en attendant le copains! Voilà ce que l'on peut espérer d"une amélioration de 20% de VO² max. Evidemment, cela implique un énorme boulot. Il faudra fractionner à l'entraînement de façon à cumuler le plus de temps possible à une intensité qui sollicite la consommation maximale d"oxygène. D'après les études, sept à huit séances d'intervalles bien cognés en 2-3 semaines peuvent suffire à produire des gains de l'ordre de 5 à 20%. Naturellement, cela dépend du niveau initial d'entraînement et des facteurs de sensibilité individuelle.
Une personne très entraînée progressera nécessairement moins vite qu'une autre. Quelques séances d'intervalles dans la semaine restent cependant tout à fait indiquées, ne serait-ce que pour maintenir VO² max à son niveau le plus élevé. Pour progresser, l'athlète confirmé sera alors tenté de jour aussi sur d'autres facteurs.
| Aptitude énergétique | Facteur limitant | Forme d'entraînement |
Capacité anaérobie |
La capacité anaérobie dépend de l'aptitude de l'organisme à transporter les ions hydrogène du muscle vers le compartiment sanguin, de son pouvoir tampon et de sa résistance à la fatigue neuromusculaire.
Exercices très intenses qui conduisent à l'épuisement sur des durées de 1 à 4min.
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Les temps entre les séries doivent être suffisamment longs pour déterminer une récupération complète. Un bon point de repère : attendez que la fréquence cardiaque soit redescendue en dessous de 100 battements par minute avant de recommencer.
| | VO² max |
La VO² max dépend principalement des facteurs systémiques et à 80% du débit cardiaque maximal qui se trouve lui-même contrôlé par la taille et la force de contraction du coeur. LE volume de sang et la concentration en hémoglobine jouent aussi un rôle majeur.
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Ne pas hésiter à monter dans les tours et à accumuler le plus possible d"exercice à une consommation d'O² très proche du maximum. L'intervalle training représente de loin la forme d'entraînement la plus efficace. On peut alterner des efforts courts (15 secondes d'exercice / 15 secondes de récupération active) ou plus long : 30 secondes, 1 minute, 3 minute. Des séances du type : 5/3 minutes ou même 10/3 sont également très courantes. Ou alors on agit au feeling en plaçant régulièrement des accélérations en cours de sortie. Placer 1 à 3 séance de ce type par semaine et débrouillez)vous pour finir bien entamé de manière à déterminer des profondes adaptations.
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Endurance |
L'endurance dépend essentiellement de facteur périphériques tels que la typologie des fibres musculaires, la densité mitochondriale, la distance moyenne entre capillaires et mitochondries, l'aptitude à oxyder des lipides plutôt que des glucides, l'efficacité des systèmes de thermolyse.
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On optera pour des séquences d'exercices plus longues (de l'ordre de 10 à 20minutes), à l'intensité élevée, entrecoupées de périodes de repos (environ 3minutes). Les longues sorties à vélo sont aussi les bienvenues. Cela permet de varier les plaisirs et de ne pas trop user son appareil locomoteur avec les chocs répétés de la course à pied. Enfin, pour les athlètes les plus chevronnés et en respectant des précautions élémentaires, une sortie le matin de 10 à 40min, à jeun représente une sollicitation efficace.
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Source : Sport et vie n°92
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